• Initiative SSR

  • Le 8 mars, la population a clairement rejeté l’initiative SSR avec près de 62% de non. La Fondation pour la démocratie directe s’est engagée dans la campagne de votation, car cette initiative visait à affaiblir un pilier essentiel de l’infrastructure démocratique: le service public de la SSR.

    Un service public médiatique est indispensable à la démocratie directe

    La SSR n'est pas une entreprise médiatique comme les autres. Elle remplit une mission de service public. La loi l'oblige à informer de manière équilibrée et fiable depuis toutes les régions du pays et dans toutes les langues nationales. Elle agit en toute indépendance, à l'abri des recettes publicitaires, du pouvoir médiatique ou des algorithmes des plateformes. Elle constitue ainsi l’une des bases de notre démocratie directe.

    Avec deux fois moins de moyens financiers, elle ne pourrait plus remplir ce mandat. Elle ne pourrait plus couvrir l’ensemble du territoire, produire dans plusieurs langues ou maintenir la qualité actuelle. Les régions périphériques, les langues minoritaires ainsi que les formats d'information et d'analyse exigeants seraient particulièrement touchés. Or, ce sont précisément les domaines où le marché échoue déjà aujourd'hui et où l'on observe la disparition des médias.

    La numérisation exerce une pression croissante sur la démocratie. Les contenus générés par l'intelligence artificielle sont de plus en plus difficiles à distinguer des contenus authentiques. Quelques grandes entreprises technologiques décident, à travers leurs algorithmes, de ce qui est visible et de ce qui ne l’est pas. La désinformation devient moins chère, plus rapide et plus ciblée politiquement. Dans ce contexte, notre démocratie a plus que jamais besoin de médias fiables et indépendants, comme la SSR.

    Photo : Daniel, Lisa, Pacal et Sophie lors du dimanche de votation à Berne.

    Notre campagne contre l’initiative SSR

    Notre objectif était clair: atteindre 100 000 conversations. Des conversations là où les opinions se forment, à la table de cuisine, au bureau ou à l’arrêt de bus. Pour y parvenir, nous avons élaboré un entraînement à l’argumentation afin que le plus grand nombre possible de personnes puissent argumenter de manière sûre et convaincante.

    Parallèlement, Pascal Nufer, journaliste et enseignant en journalisme, a mené des discussions passionnantes sur les médias, la politique et la démocratie dans la série de podcasts «Rendez-vous am Chuchitisch». Parmi les invité·e·s figuraient notamment Werner van Gent, Gülsha Adilji et Mike Müller. Le podcast n'est disponible qu'en allemand.

    Après la votation, la prochaine grande décision approche. Le Conseil fédéral décidera de la concession et donc de l’avenir de la SSR. La Fondation pour la démocratie directe continue de s’engager en faveur d’un service public fort, numérique et régional. C’est pourquoi nous avons rédigé un court manifeste intitulé: «Une démocratie vivante a besoin d'une SSR forte!»

    « En tant que journaliste, je parle autour de moi de l'initiative de réduction de moitié et des dangers des fake news. Cela représente au minimum cinq discussions par semaine.»

    Pascal Nufer, ancien correspondant de la SRF et professeur de journalisme à la ZHAW

    Organisme porteur: Fondation pour la démocratie directe